La Miviludes s’inquiète de la fin du monde
La Mission interministérielle française de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a publié le 15 juin 2011 son rapport annuel dans lequel elle s’inquiète des dangers des discours apocalyptiques prédisant la fin du monde en 2012.
Itv : P. Philippe Plet, vous avez publié en février 2011 aux éditions Salvator un ouvrage intitulé Les grandes énigmes de l’Apocalypse. Que pensez-vous des interprétations fixant à décembre 2012 la fin du monde ?
Ph. Plet : les textes bibliques en général, et l’Apocalypse de st Jean en particulier, ont pour finalité de parler des réalités spirituelles, et non des réalités matérielles en soi. Ainsi les fléaux décrits dans le texte de l’Apocalypse se rapportent-ils à la mise en crise des valeurs immanentes de la Babylone érigée par le Dragon (le Diable) sur la terre. Les cataclysmes cosmiques mis en scène par Jean sont des images à décrypter selon les catégories théologiques de la foi. Le Christ Lui-même a confié à ses disciples que personne ne pourrait jamais connaître la date de la fin du monde matériel, cette heure que seul le Père connaît.
Itv : Il y a tout de même une insistance de st Jean lui-même sur la fin du monde. Comment la conçoit-il ?
Ph. Plet : Les grands cataclysmes décrits par Jean couvrent une longue période d’une narration consacrée au thème du combat spirituel. Cette phase de l’action apocalyptique culmine par la victoire de l’Agneau (le Christ) à Armaguédon. Or, cette première victoire de l’Agneau ouvre une ère de paix de 1000 ans. C’est seulement à l’issue des 1000 ans que le Dragon est délié de l’Abîme, et qu’il est définitivement vaincu. Et c’est alors que Jean situe la fin du monde matériel. On le voit, les fléaux décrits dans la chronologie de l’Apocalypse précèdent de très loin la fin du monde.
Itv : Et comment st Jean décrit-il la fin du monde matériel ?
Ph. Plet : Il le fait d’une manière très sobre, écrivant : « Le ciel et la terre s’enfuirent de devant Sa face (Dieu) sans laisser de traces » (Ap 20,11). La fin du monde proprement dite n’a rien de terrifiant dans son déroulement ; c’est l’histoire humaine dans son ensemble, en revanche, qui est le lieu de toutes les catastrophes !